Qu'est-ce que le GNL, le gaz naturel liquéfié ?

Adeline M

Le GNL, acronyme de gaz naturel liquéfié, est du gaz naturel porté à l’état liquide. Constitué en grande partie de méthane, il est considéré comme une énergie fossile « propre », grâce à sa faible émission de CO2. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le GNL, de sa composition jusqu’à ses usages, en passant par les quantités disponibles ou l’évolution des prix.
 

Sommaire :

Comment est composé le gaz naturel liquéfié ?

La transformation du GNL, gaz naturel liquéfié

Le GNL est un dérivé du gaz naturel, un mélange d’hydrocarbures à l’état gazeux. Pour être liquéfié, il doit être porté à une température comprise entre -161 °C et -163 °C. Ce refroidissement est effectué par un cycle frigorifique qui comprend plusieurs étapes avant que le gaz naturel soit liquéfié. Une fois dans cet état, le gaz naturel liquéfié (GNL)  est 600 fois moins volumineux que lorsqu’il est à l’état gazeux.

Le GNL, sa composition

Un taux élevé de méthane

Le gaz naturel liquéfié (GNL) est composé en grande partie de méthane. Ce taux peut s’élever jusqu’à 95 %. Souvent, il est assimilé à du méthane pur. En réalité, il se compose aussi d’une petite part d’éthane et d’un infime pourcentage d’autres composés fossiles. 

 

Un gaz inodore et incolore

Le GNL a la particularité d’être inodore. Sa combustion n’émet aucune suie ni poussière. Il est également incolore. Sa combustion ne génère aucune fumée, ce qui le rend particulièrement appréciable pour une utilisation domestique ou industrielle. 

 

Un gaz non toxique et peu polluant

Au moment de sa transformation, le gaz naturel est débarrassé du dioxyde de carbone (CO2), l’un des principaux gaz à effet de serre. L’oxyde d’azote (NOx) est également extrait afin de produire le GNL. Ces procédés de purification ont pour principal avantage de le rendre non toxique et peu polluant.
 

Bien que ce soit une énergie fossile, que l’on peut comparer au pétrole ou au charbon, le GNL est considéré comme une ressource énergétique propre. La faible quantité de CO2 qu’il rejette le rend beaucoup moins polluant que les autres énergies fossiles. En cela, le GNL se distingue aussi grandement du gaz de schiste, qui inquiète de par l’impact négatif de son exploitation sur l’environnement.

 

Le bioGNL (ou bio-LNG), produit à partir de biométhane liquéfié, représente une alternative renouvelable en développement, permettant de réduire davantage l'empreinte carbone du secteur." 

Comment transporter le GNL ?

Non corrosif, le gaz naturel liquéfié (GNL) est facilement transportable. Il existe deux méthodes d’approvisionnement : grâce aux réseaux de gazoducs ou par voie maritime.
 

Le stockage du GNL

Avant d’être acheminé vers différents points, le GNL est stocké à proximité de l’usine de liquéfaction. Contenu dans de grands réservoirs cylindriques, il est maintenu à pression atmosphérique et à une température de -161 °C.  En France, l'infrastructure de stockage et de regazéification s'est renforcée depuis 2022 avec quatre terminaux méthaniers principaux (Fos Cavaou, Fos Tonkin, Montoir-de-Bretagne, Dunkerque) et le déploiement d'unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU) comme celle du Havre mise en service en 2023.

Le transport par gazoduc

Le transport par réseau de gazoducs est très utilisé en ce qui concerne le GNL. Lorsqu’il est puisé dans les réservoirs, le gaz liquéfié est envoyé à travers les gazoducs. Ceux-ci sont répartis sur des milliers de kilomètres et servent à alimenter les différents terminaux méthaniers. Ils ne peuvent être utilisés que sur le continent où est extrait et liquéfié le gaz naturel.
 

Le transport par voie maritime

Pour traverser les mers et les océans, le GNL est acheminé par voie maritime. Ce sont les navires méthaniers qui en assurent l’approvisionnement. Ces derniers sont isolés thermiquement afin que le gaz naturel liquéfié (GNL) reste à l’état liquide. Munis d’immenses réservoirs pour le transporter, ils parcourent des milliers de kilomètres avant de livrer leur cargaison de GNL dans les terminaux méthaniers des différents ports de destination. Cette voie d’acheminement est l’une des plus économes et des plus simples. 
 

Les craintes de l’acheminement par gazoduc

L’acheminement par gazoduc du GNL présente certains risques en termes de sécurité. En effet, dans certains pays disposant de ressources gazières, comme la Libye ou le Yémen, les conflits armés sont source d’inquiétude pour les installations gazières. Ces dernières pourraient notamment être la cible d’actes malintentionnés de la part de groupes dissidents. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique en septembre 2022 a illustré la vulnérabilité des infrastructures gazières sous-marines et a accéléré la diversification des approvisionnements européens vers le GNL.

Quelle quantité de gaz naturel liquéfié existe aujourd'hui ?

Les différentes ressources et la quantité disponible de GNL

Les gisements de gaz naturel

Dérivé du gaz naturel, le gaz naturel liquéfié (GNL) est une énergie fossile, puisée dans les sous-sols de la terre. Tout comme le pétrole, les gisements ne sont pas répartis de manière homogène à travers la planète. Cependant, il est possible que certains n’aient pas encore été découverts, en particulier sous les océans ou autour des pôles. Le GNL n’a pas encore dévoilé tous ses secrets.

Les différents pays exportateurs de GNL

Les principaux pays exportateurs de gaz naturel liquéfié sont :

  • Les États-Unis sont devenus le premier exportateur mondial de GNL en 2023-2024, avec une capacité dépassant 90 millions de tonnes par an. Le Qatar reste un acteur majeur avec environ 80 millions de tonnes et prévoit d'atteindre 126 millions de tonnes d'ici 2027 grâce au projet North Field. 
  • L'Australie demeure le troisième exportateur mondial avec environ 80 millions de tonnes de GNL par an, principalement destinées aux marchés asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud). 
  • La Russie, malgré les sanctions, reste un exportateur significatif de GNL (environ 33 millions de tonnes en 2024), suivie de la Malaisie et de l'Algérie. 

Viennent ensuite l’Indonésie, le Nigéria, l’Algérie, la Russie, la Norvège ou encore les États-Unis, qui exploitent et exportent de plus en plus de GNL.

 

La quantité disponible de GNL

 Selon le GIIGNL, le commerce mondial de GNL a atteint environ 407 millions de tonnes en 2024. Ces stocks permettent aujourd’hui de répondre à la demande mondiale en gaz.
  

Certaines zones géographiques concentrent plus de gisements de gaz naturel que d’autres. Les entreprises pétrolières et gazières se concentrent dans ces endroits où les sous-sols sont les plus riches. Ainsi, il est fréquent de voir les champs de production placés au milieu des déserts, des océans ou encore sur la banquise. 

L’épuisement des gisements de gaz naturel

Matière épuisable et non renouvelable, le gaz naturel tend logiquement à s’épuiser. Année après année, les quantités disponibles diminuent. Le GNL ne pourra donc pas nous servir à l’infini, ses possibilités sont limitées.
 

Selon des études scientifiques, il est estimé que les ressources en gaz naturel seront épuisées dans les années 2070. Cette estimation prend en compte les rythmes de production et de consommation actuels. Cependant, les différentes alternatives énergétiques à être développées dans les prochaines années pourraient ralentir l’épuisement des stocks mondiaux de GNL.
 

Pour autant, certains gisements sont déjà épuisés. C’est notamment le cas en Indonésie, avec le site d’Arun, qui a depuis été reconverti en terminal d’importation. 

Quels sont les différents usages du GNL ?

La regazéification du gaz liquéfié

Avant d'être distribué aux foyers et aux entreprises, le gaz naturel liquéfié (GNL) doit repasser à l'état gazeux. Cette étape s'appelle la regazéification. Elle se déroule dans des terminaux spécialement équipés, situés en bord de mer pour accueillir les navires méthaniers. Le GNL y est réchauffé progressivement jusqu'à retrouver sa forme gazeuse. Il rejoint ensuite le réseau national de transport de gaz naturel, exactement comme s'il avait été acheminé par gazoduc depuis un pays producteur. Pour vous, en tant que consommateur, la différence est imperceptible : le gaz qui arrive dans votre logement est identique, quelle que soit l'origine de l'approvisionnement.

Le gaz naturel liquéfié (GNL) qui est transporté par des navires méthaniers est en grande partie regazéifié. Il est mélangé à d’autres gaz et porté, par un procédé sous haute pression, à une température de 0 °C.
 

Cette regazéification permet d’obtenir à nouveau du gaz naturel dans son état originel. Il est ensuite acheminé via le réseau de distribution. Ce processus permet notamment de bénéficier d’une fourniture en gaz naturel moins chère.
 

Bien qu’il puisse être utilisé à l’état liquide dans certains pays, en France, il est regazéifié.

Du GNL au gaz naturel gazeux

Une fois regazéifié, le GNL est utilisé pour fournir le réseau de gaz naturel. Dans les foyers, il est notamment utilisé pour alimenter les chaudières à gaz responsables de la production d’eau chaude sanitaire et du chauffage. 

 

Une fois regazéifié, le gaz naturel intègre le réseau de distribution qui dessert les foyers français. Ce réseau, géré par des opérateurs spécialisés, achemine le gaz jusqu'au compteur de votre logement. Votre chaudière, votre cuisinière ou votre chauffe-eau fonctionnent donc avec du gaz naturel qui a peut-être voyagé à l'état liquide à bord d'un méthanier, sans que cela change quoi que ce soit à la qualité de la flamme ou à la chaleur produite. Le GNL et le gaz naturel transporté par gazoduc sont rigoureusement identiques une fois distribués dans le réseau. C'est cette interchangeabilité qui fait du GNL un outil de sécurisation de l'approvisionnement aussi efficace.

Le GNL comme carburant pour les navires

Facile à transporter, moins polluant que les hydrocarbures dérivés du pétrole, le GNL est de plus en plus utilisé comme carburant.
 

Les navires dédiés au transport maritime ne sont pas les seuls à être alimentés en GNL, c’est aussi le cas des paquebots de croisières. En effet, les grands armateurs sont de plus en plus nombreux à s’équiper d’une flotte qui fonctionne au gaz naturel liquéfié. Grâce à cela, les géants des mers peuvent voguer sur les eaux en limitant considérablement leur émission de gaz polluants. 

 

Le transport maritime est l'un des secteurs où le GNL s'est imposé le plus rapidement comme alternative aux carburants traditionnels. Les réglementations internationales imposent depuis 2020 une forte réduction des émissions de soufre des navires. Le GNL y répond naturellement : sa combustion ne produit pratiquement aucun oxyde de soufre, et ses émissions de CO2 sont sensiblement inférieures à celles du fioul lourd. Paquebots de croisière, porte-conteneurs et méthaniers eux-mêmes utilisent aujourd'hui le GNL comme carburant de propulsion. TotalEnergies fait partie des acteurs engagés dans cette transition, avec une flotte de méthaniers dont tous les navires affrétés fonctionnent au GNL.

Un carburant pour les véhicules

Le GNL trouve également sa place dans le transport routier, en particulier pour les poids lourds qui parcourent de longues distances. Sa densité énergétique élevée lui confère une autonomie comparable à celle du gazole, souvent supérieure à 1 000 kilomètres avec un plein complet. Il se distingue en cela du gaz naturel comprimé (GNC), c'est-à-dire du gaz stocké sous haute pression à l'état gazeux, dont l'autonomie est plus limitée et qui convient davantage aux trajets régionaux. Pour les camions effectuant des liaisons longue distance, le GNL représente une solution concrète pour réduire les émissions de CO2 et de particules fines, tout en maîtrisant les coûts de carburant. Bien que les voitures fonctionnant au GPL (gaz de pétrole liquéfié, à ne pas confondre) soient plus répandues, il existe des véhicules alimentés au GNL. Cela concerne essentiellement des transports routiers, comme des camions ou encore des bus. Aujourd’hui l'Europe compte plus de 600 stations de ravitaillement GNL pour poids lourds, dont plus de 80 en France selon l'AVERE-France. Le GNL routier s'est développé comme alternative au diesel pour le transport longue distance, notamment avec l'essor du bioGNL permettant une réduction des émissions de CO₂ jusqu'à 90 % par rapport aux carburants fossiles. 

Alimenter en gaz naturel les installations hors réseau

Facile à transporter dans des citernes adaptées, le GNL peut être livré aux structures non reliées au réseau de gaz naturel. C’est le cas par exemple de certains hôpitaux, usines ou collectivités. 

 

Certaines zones du territoire français ne sont pas raccordées au réseau de distribution de gaz naturel. Des communes rurales, des sites industriels isolés ou des collectivités locales éloignées des canalisations peuvent néanmoins bénéficier du gaz naturel grâce au GNL. Celui-ci est livré par camion-citerne jusqu'à une cuve de stockage installée sur site, puis regazéifié localement pour alimenter les équipements. Cette solution permet de remplacer le fioul lourd ou le propane par une énergie moins émissive, sans attendre un raccordement au réseau. Pour les sites concernés, c'est souvent la voie la plus rapide et la plus économique pour engager une transition énergétique concrète.

Le bioGNL, vers un gaz naturel liquéfié renouvelable

Si le gaz naturel liquéfié est souvent perçu comme une solution industrielle ou de transport, son évolution vers le bioGNL marque un tournant décisif pour le confort domestique des Français. Ce biométhane liquéfié n'est plus une ressource fossile extraite du sous-sol, mais une énergie verte produite localement à partir de la valorisation de nos déchets organiques et agricoles. Pour le particulier, l'enjeu est de taille : c'est la promesse que le gaz utilisé demain pour le chauffage ou la cuisson sera intégralement renouvelable, sans changer d'installation ni sacrifier la performance énergétique.


Cette mutation profonde de la filière est portée par des leaders comme TotalEnergies, qui investit massivement dans des unités de méthanisation sur le territoire français. En maîtrisant l'ensemble de la chaîne, de la collecte des déchets à la liquéfaction, le groupe transforme le réseau gazier en un levier concret de l'économie circulaire. Le bioGNL devient ainsi le chaînon manquant de la transition : il permet de stocker l'énergie verte sous forme liquide pour garantir une disponibilité constante, tout en offrant une alternative décarbonée et souveraine face aux importations lointaines. Adopter le bioGNL, c'est donc s'assurer que l'avenir du gaz naturel s'écrit désormais sans carbone, au cœur de nos régions.

Le GNL pour les usages industriels et les grandes installations

Au-delà de nos foyers et du transport de marchandises, le GNL est le moteur invisible qui alimente les secteurs les plus énergivores de notre économie. Pour les industries de pointe comme les verreries, les aciéries ou les cimenteries, l'électricité seule ne suffit pas toujours à atteindre les températures extrêmes nécessaires à la production. Le GNL s'impose alors comme un allié stratégique de la décarbonation : en remplaçant le charbon ou le fioul lourd, il permet à ces géants industriels de réduire instantanément leurs émissions de gaz à effet de serre tout en maintenant une puissance de chauffe inégalée.


Cette réalité explique pourquoi la demande française en gaz naturel liquéfié reste structurellement élevée et pourquoi nos terminaux méthaniers sont devenus de véritables piliers de notre souveraineté. Ces infrastructures ne servent pas uniquement à importer de l'énergie ; elles sécurisent l'activité de sites industriels majeurs qui emploient des milliers de personnes sur le territoire. En facilitant l'accès à une énergie plus propre et flexible, le GNL permet à l'industrie française de rester compétitive face aux enjeux climatiques, prouvant que la transition énergétique peut aussi être un levier de réindustrialisation durable.
 

Combien coute le GNL ?

Le prix du gaz naturel liquéfié ne vous est pas facturé directement : vous ne payez pas du « GNL » sur votre facture, mais du gaz naturel, quelle qu'en soit l'origine. En revanche, le cours mondial du GNL influence le coût d'approvisionnement de votre fournisseur, qui se répercute ensuite sur le tarif qui vous est proposé. Plusieurs facteurs font varier ce cours. La demande mondiale de gaz, très saisonnière, pèse fortement sur les prix en hiver. Les tensions géopolitiques dans les pays producteurs ou de transit peuvent provoquer des hausses brutales, comme celle observée en 2022 après la réduction des livraisons de gaz russe par gazoduc. À l'inverse, une offre mondiale abondante, portée notamment par la forte croissance de la production américaine, tend à faire baisser les prix à l'export. La bonne nouvelle est que la diversification des sources d'approvisionnement, rendue possible précisément par le GNL, atténue les effets des crises localisées. La France n'est plus exposée à la défaillance d'un seul fournisseur ou d'un seul gazoduc. Cette résilience contribue à une plus grande stabilité tarifaire sur le long terme, même si elle ne met pas les consommateurs à l'abri de toute fluctuation. Pour connaître le tarif du gaz actuellement applicable à votre logement, le plus fiable reste de consulter directement votre espace client ou de comparer les offres disponibles auprès de votre fournisseur. Les prix évoluent régulièrement et une offre à prix fixe peut vous permettre de vous prémunir des variations de court terme.
 

Chez TotalEnergies, le prix du gaz est inférieur aux tarifs réglementé de vente. Grâce aux différentes offres de gaz TotalEnergies, vous pouvez baisser le montant de vos factures. En simulant votre consommation, vous pourrez déterminer facilement les économies envisageables.
 

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