Les fluides frigorigènes ont évolué au fil des décennies, sous la pression des réglementations environnementales. On distingue aujourd'hui quatre grandes générations.
Les chlorofluorocarbures (CFC, comme le R12) et les hydrochlorofluorocarbures (HCFC, comme le R22) ont été les premiers gaz utilisés en réfrigération et en climatisation. Leur impact destructeur sur la couche d'ozone a conduit à leur interdiction progressive dans le cadre du Protocole de Montréal, signé en 1987. Le R22 est totalement interdit en Europe depuis 2015, y compris pour la maintenance des installations existantes.
Les hydrofluorocarbures (R410A, R407C, R32, R134a) n'attaquent pas la couche d'ozone, mais leur potentiel de réchauffement global (PRG) reste élevé pour certains d'entre eux. Le R410A affiche un PRG de 2 088, le R407C de 1 774, le R134a de 1 430, tandis que le R32 se situe à 675 — sous le seuil réglementaire de 750. Le règlement européen F-Gaz organise leur retrait progressif selon un calendrier strict. Le R410A est interdit dans les équipements neufs depuis 2025, le R407C est en retrait, et seul le R32 reste autorisé à moyen terme. Côté inflammabilité, le R410A, le R407C et le R134a sont classés A1 (non inflammables), tandis que le R32 est classé A2L (légèrement inflammable).
Les hydrofluoro-oléfines, comme le R1234yf utilisé en climatisation automobile, affichent un PRG inférieur à 1. Le R1234yf est classé A2L et constitue la réponse directe à la réglementation F-Gaz pour le secteur automobile. Il est obligatoire sur tous les véhicules neufs depuis 2017.
Le CO₂ (R744, PRG de 1, non inflammable), le propane (R290, PRG de 3, inflammable A3) et l'ammoniac (NH3) ont un PRG quasi nul. Ils sont déjà employés dans le froid industriel et les poids lourds. Leur utilisation dans la climatisation résidentielle progresse, notamment avec le R290 dans les pompes à chaleur monoblocs.