Chauffage et climatisation
Remplacer sa chaudière fioul : pourquoi et par quel équipement ?

Anne-Muriel Rahaingonjatovo

Vous voulez changer de chaudière mais vous ne connaissez pas les différents types de chaudières disponibles sur le marché ? TotalEnergies vous présente les principales chaudières existantes avec leurs avantages et leurs inconvénients.
La chaudière est l’appareil qui assure chauffage et/ou eau chaude dans les habitats. Elle fonctionne en transférant de la chaleur à un fluide caloporteur (qui permet de transporter la chaleur) qui est souvent l’eau. La chaleur peut provenir notamment de la combustion : bois, fioul, charbon… ou d’une résistance : chaudière électrique.
Elles peuvent être au murales ou au sol (plus encombrantes mais plus puissantes et solides que les chaudières murales). Le choix doit intégrer la classe énergétique de l'appareil et son efficacité énergétique saisonnière (ETAS) conformément à la directive ErP/Ecodesign.
Le choix d'une chaudière commence par celui de l'énergie qui l'alimente. Électricité, fioul, gaz ou bois : chaque source présente ses propres avantages en termes de coût, de performance et de contraintes d'installation. Tour d'horizon des principales options disponibles sur le marché pour vous aider à identifier celle qui correspond le mieux à votre logement et à vos habitudes de consommation.
La chaudière électrique est la solution la plus simple à installer : elle ne nécessite ni conduit d'évacuation des fumées, ni cuve de stockage, ni raccordement au réseau gaz. Une installation électrique adaptée suffit, ce qui en fait une option particulièrement adaptée aux petits logements ou aux situations où les autres énergies sont difficiles d'accès.
Son rendement est proche de 100 %, et les modèles basse température permettent de réduire la consommation de 10 à 15 % supplémentaires en ajustant la température de l'eau aux besoins réels. Autre avantage notable : contrairement aux chaudières à combustion, elle ne requiert pas d'entretien annuel obligatoire, ce qui allège le coût de possession sur la durée. Son principal frein reste le coût d'utilisation. Le kWh électrique étant environ deux fois plus cher que le kWh gaz, une chaudière électrique sera plus onéreuse à faire fonctionner dans un logement mal isolé ou de grande surface.
À titre d'information, son prix d'achat avoisine 3 700 €en moyenne, et elle est aujourd'hui inéligible aux aides de l'État. En 2026, la chaudière électrique reste une solution de transition pertinente pour les logements ne pouvant accéder ni au gaz ni à une pompe à chaleur. Pour un usage principal et durable, la pompe à chaleur lui est désormais préférée, avec un COP de 3 à 4 contre 1 pour la chaudière électrique classique.
Les installations des chaudières au fioul restent bon marché et efficaces pour chauffer de grands espaces. Cependant, ce type de chaudière a un principal inconvénient : elle dispose d'une cuve, généralement de 1000L ou 1500L qu'il faut recharger une à 2 fois par an. D’autre part, la facture est indexée sur les prix du pétrole, c’est donc une énergie coûteuse.
Le gouvernement a annoncé l'interdiction des chaudières au fioul neuves, à partir du 1er juillet 2022.
Dans le cadre de la transition énergétique, le chauffage au fioul présente plusieurs inconvénients, il émet notamment beaucoup de CO2.
Face à cette « urgence écologique », le gouvernement francais souhaite une transition douce. L’obligation de remplacement des chaudières au fioul concerne uniquement les chaudières cassées et irremplaçables. Vous pouvez utiliser votre équipement tant qu’il est réparable.
Par contre, en cas d'obsolescence, la chaudière peut être remplacée par une chaudière compatible biofioul. Depuis le 1er juillet 2024, le biofioul B50 (50% EMAG - esters méthyliques d'acides gras) est commercialisé en complément du F30, offrant une réduction des émissions de CO2 jusqu'à 50% Une alternative privilégiée reste l'installation d'une pompe à chaleur (PAC), éligible à MaPrimeRénov' avec des aides pouvant atteindre 11 000 € en 2026 pour les ménages très modestes.
Depuis janvier 2022, l'installation de chaudières gaz neuves est interdite dans les logements neufs individuels (RE2020), et depuis janvier 2025 dans les logements collectifs neufs. Ce type de chaudière est compatible biogaz, une ressource renouvelable issue de la fermentation de matières organiques. Cependant, si ce type de chaudière n’est pas relié au gaz de ville, il faudra une bombonne de propane à recharger 1 à 2 fois par an. Attention : le gaz de ville est moins cher que le fioul, ce qui n’est pas le cas du propane ! Malgré le coût faible du gaz de ville, l’installation reste un peu plus élevée qu’un autre type de chaudière. Mais le prix d’une chaudière à gaz est vite amorti grâce aux factures d’énergie qui seront réduites par la suite.
Les chaudières au fioul ou au gaz consomment beaucoup moins qu’il y a 20 ans et sont moins polluantes. Par exemple les émissions d’oxyde d’azote ont diminué de 80% pour les chaudières au fioul, et de 65% pour les chaudières au gaz.
Le bois est l’énergie la moins chère. Ainsi, une tonne de bois correspond à 460 litres de fioul.
Les chaudières à bois sont considérées comme une source d’énergie propre. Ces chaudières sont plus chères mais bénéficient de MaPrimeRénov', avec des aides allant jusqu'à 10 000 € pour une chaudière à granulés labellisée Flamme Verte 7 étoiles. En effet, les ressources de bois en France suffisent à suivre l’augmentation de leur consommation. Cependant le bois importé ne doit pas venir de forêts éloignées, afin de ne pas aggraver l'empreinte carbone. Il faut également prévoir un silo de stockage et un approvisionnement régulier. La plupart des chaudières ont un rendement faible sauf si l’on opte pour un « turbo » ou que l’on utilise des modèles fonctionnant aux granulés ou aux plaquettes de bois.
Il est possible d’améliorer la performance de ces sources d’énergie, en optant pour un type de chaudière de dernière génération, à condensation ou à ventouse.
Au-delà de l'énergie utilisée, la technologie de la chaudière joue un rôle déterminant dans son efficacité et sur le montant de vos factures. Basse température, condensation ou ventouse : ces trois générations d'appareils ont en commun de consommer moins que les modèles classiques, tout en offrant un meilleur confort thermique. Voici ce qui les distingue et dans quel cas opter pour l'une plutôt que l'autre.
D’un rendement supérieur à 90%, les chaudières basse température fonctionnent avec une température de l’eau plus faible (50°C contre 90°C habituellement). Ainsi elles ont besoin de moins de combustibles pour chauffer l’eau. Cela se traduit des économies d’énergie de 12 à 15% par rapport à une installation standard. Elles sont adaptées pour des planchers chauffants ou des radiateurs à chaleur douce.
Elles se sont imposées en Europe pour leurs performances (elles consomment de 15 à 20% de moins qu’un modèle standard et on un rendement supérieur à 100%). En effet, elles récupèrent la chaleur latente des fumées issues des produits de combustion. Dans une chaudière de type classique ou standard les températures des fumées approchent des 250°C pour le fioul et 160°C pour le gaz. C’est autant d’énergie perdue. Dans une chaudière à condensation cette chaleur est utilisée pour chauffer l’eau du circuit. (source : Veolia Habitat Service)
Elles sont les plus efficaces et procurent un plus grand confort quand on les installe avec un plancher chauffant basse température et / ou des radiateurs « chaleur douce ». Tous les types de chaudières existent en version condensation. Les chaudières gaz à condensation ne sont plus éligibles à MaPrimeRénov' depuis 2023. Pour bénéficier d'aides, orientez-vous vers les pompes à chaleur (SCOP ≥ 3,5 requis pour l'éligibilité) ou les chaudières biomasse.
Ce type de chaudière ne nécessite pas de cheminée (pas de ramonage), ni d’un espace ventilé (elles peuvent donc être installées dans un local fermé). La chaudière à ventouse assure une meilleure sécurité et réduisent d’environ 5% la consommation d’énergie. Ce système existe pour tous les types de chaudières.
L'entretien : une obligation souvent méconnue ! L’entretien d’une chaudière est obligatoire est doit être assurée chaque année par un professionnel. Il permet de déterminer le rendement et les performances de l’appareil ainsi que sa sécurité : le monoxyde de carbone, gaz mortel, se dégage de ces équipements mal entretenus. Entretenue tous les ans, ma chaudière fonctionnera 2 à 3 fois plus longtemps et ce sera 8 à 12% de combustible consommé en moins. Sans cette révision, vous ne serez pas couvert par votre assurance en cas d’accident !
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